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Bureau vu d’en haut, avec trois espaces de travail et une affiche « Nos valeurs », pour représenter différents niveaux de communication au travail.

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Communication au travail : entre ce qui se dit, ce qui s’organise et ce qui se vit

7 octobre 2026 par Une voix parmi d'autres

Un milieu de travail peut valoriser l’écoute, la collaboration ou le respect. Pourtant, dans la réalité de tous les jours, le fonctionnement d’équipe, les pratiques de gestion ou la circulation de l’information peuvent faire en sorte que ces valeurs se traduisent moins clairement.

Ce type de décalage peut se manifester de plusieurs façons : disposer de peu d’information pour comprendre une décision, constater qu’elle circule à des moments différents selon les personnes ou sentir que certaines questions trouvent peu d’espace dans les échanges.

Ce vécu peut donner des indications sur la communication au travail, notamment sur ce qui est affiché par l’organisation, ce qui s’organise dans l’équipe et ce qui se vit dans les interactions. Distinguer ces différents aspects offre une façon de prendre du recul, de mieux situer ce qui se passe et de voir ce qui demande davantage d’attention.

Communication au travail: de quoi parle-t-on?

La communication au travail se construit à travers les mots échangés, la circulation de l’information, la façon dont les décisions sont communiquées, les possibilités de participation et certaines pratiques de gestion. Ces éléments peuvent influencer l’expérience du travail.

L’INSPQ (2025) considère d’ailleurs l’information et la communication parmi les composantes importantes de l’organisation du travail à examiner dans la prévention des risques psychosociaux. Pour rendre ces réalités plus faciles à saisir, ce billet propose de distinguer trois niveaux : ce qui est dit par l’organisation, ce qui s’organise dans l’équipe et ce qui se vit dans les échanges.

Trois niveaux de communication

Ce qu’on observe

Ce que cela concerne

Exemple concret

Ce qui est dit par l’organisation

Les valeurs, les engagements, les priorités, les messages officiels et la façon dont le milieu présente ce qui est important.

L’organisation affirme valoriser la collaboration, alors que certaines décisions importantes sont communiquées avec peu d’explications aux personnes concernées.

Ce qui s’organise dans l’équipe

Les rôles, les priorités, les réunions, la charge partagée, la circulation de l’information, les espaces de clarification et la participation aux décisions.

Une priorité change rapidement. Elle est communiquée à des moments différents dans l’équipe, et peu d’espace est prévu pour préciser ce que ce changement implique dans le travail.

Ce qui se vit dans les échanges

Les conversations, les demandes, les rétroactions, le ton, les silences, les interruptions, les gestes, les réactions aux désaccords, la reconnaissance et la place laissée aux questions ou aux malaises.

Les mots utilisés semblent respectueux, mais le ton, le silence qui suit ou le passage rapide à un autre sujet peuvent laisser peu d’espace pour poursuivre la discussion ou demander une précision.

Ces trois aspects de la communication peuvent se soutenir mutuellement. Un écart peut parfois apparaître entre ce qui est dit, ce qui est organisé et ce qui se vit. Un malaise peut alors émerger, même lorsque les intentions annoncées sont positives ou que les mots utilisés semblent respectueux.

Homme pensif en avant-plan avec une scène de réunion en transparence, illustrant une réflexion après une situation de communication au travail.

Dans une équipe, une même situation de communication peut être vécue différemment selon les rôles, les responsabilités et le contexte des échanges.

La communication selon la place occupée dans le milieu

L’accès à l’information, la participation aux décisions et la place dans les échanges peuvent varier selon le rôle occupé. Il en va de même des responsabilités et de la marge de manœuvre, selon qu’il s’agit d’un poste d’employé·e, de coordination ou de gestion. Ces réalités peuvent notamment s’inscrire dans les dynamiques de pouvoir qui traversent les relations de travail.

Prendre en compte ces différences permet de relier l’expérience vécue au fonctionnement de l’équipe et de l’organisation, puis de préciser si la difficulté se situe surtout dans les messages transmis, dans l’organisation du travail ou dans les interactions du quotidien.

Parfois, ce qui ressemble à un problème de communication peut aussi mettre en lumière des rôles flous, des changements communiqués tardivement ou un espace limité pour poser des questions. Cette réflexion rejoint une idée plus large: les conditions de vie et de travail font partie des éléments qui influencent notre santé globale.

Repérer un prochain pas réaliste

Même lorsque la situation comporte des contraintes, il est parfois possible de retrouver un peu de marge de manœuvre. L’objectif est de repérer un prochain pas réaliste, tout en reconnaissant ce qui dépend de l’organisation et des ressources disponibles.

Cela peut passer par de petits gestes, comme :

  • demander une clarification;
  • choisir un meilleur moment pour aborder un sujet;
  • nommer un besoin plus concrètement;
  • préparer une conversation difficile;
  • demander un appui;
  • distinguer ce qui peut être ajusté de ce qui dépend aussi du contexte.

Ces actions peuvent aider à clarifier ce qui est important pour soi et à préparer la suite.

Mettre la situation en mots avec l’OSBD

À ce stade, l’OSBD peut aider à mettre en mots ce qui a été observé, ce que la situation fait vivre, les besoins présents et le prochain pas envisagé (Rosenberg, 2016). Cet outil peut être utilisé seul·e ou avec une personne de confiance pour prendre du recul et organiser ce qui a été vécu.

OSBD

Questions simples à se poser

À noter si c’est utile

Observation

Qu’est-ce qui s’est passé concrètement?

Moment, contexte (réunion, courriel, consigne, décision), personnes présentes, ce qui est dit, organisé ou vécu.

Ressentis et effets

Qu’est-ce que cela me fait vivre? Quels effets est-ce que je remarque?

Malaise, confusion, fatigue, retenue, perte de confiance, difficulté à décrocher, sommeil plus fragile.

Besoin

De quoi aurais-je besoin dans cette situation?

Clarté, respect, information, cohérence, sécurité, reconnaissance, dialogue, limites plus claires.

Demande ou prochain pas

Qu’est-ce que je pourrais clarifier, demander ou transmettre?

Demander une précision, nommer un besoin, demander un appui, consulter une ressource ou noter quelques éléments si la situation se poursuit.

Cette démarche peut aider à mieux comprendre ce qui se passe et, au besoin, à expliquer la situation plus clairement. Lorsqu’un avis juridique, syndical ou professionnel peut être utile, il demeure important de consulter la ressource appropriée.


Une situation de communication peut continuer d’avoir des effets, même lorsque le quotidien de travail se poursuit.

Quand le malaise au travail s’installe

Lorsque l’écart entre ce qui est dit et ce qui se vit au quotidien devient difficile à porter, il peut être pertinent de chercher un soutien. C’est particulièrement important lorsque le sommeil, la concentration, la motivation ou le bien-être sont touchés.

Cette démarche peut offrir un espace pour ralentir, observer ce qui se passe et mettre des mots sur ce qui est vécu. Elle peut aussi permettre de distinguer les faits, les effets ressentis, les besoins importants et ce qui aurait besoin d’être regardé avec quelqu’un d’autre.

Selon le contexte, le soutien peut venir d’une personne de confiance, d’un·e collègue, d’un syndicat, d’un programme d’aide aux employé·es, d’une ressource communautaire ou d’un service professionnel. Lorsque des questions touchent les droits, la santé ou la sécurité au travail, il peut aussi être utile de s’informer auprès de la CNESST ou d’une autre ressource appropriée (CNESST, s. d.)

Mieux comprendre la communication au travail

Regarder ensemble ce qui se dit, ce qui s’organise et ce qui se vit permet de relier l’expérience vécue au contexte dans lequel les échanges prennent place.

Cette lecture peut aider à préciser ce qui demande à être clarifié, discuté ou soutenu, selon la situation et les possibilités présentes.

Références

Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. (s. d.). Droits et obligations des travailleurs. CNESST.

Institut national de santé publique du Québec. (2025). Risques psychosociaux du travail. INSPQ. https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/organisation/cnesst/droits-obligations-pour-tous-en-matiere-travail/droits-obligations-travailleurs?utm

Rosenberg, M. B. (2016). Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : introduction à la communication non violente (3e éd. mise à jour, F. Baut-Carlier, trad.). Jouvence.

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UN PETIT PAS À LA FOIS...

Dans une situation récente, il peut être aidant de noter une seule chose : la difficulté se situe-t-elle surtout dans ce qui est dit, dans ce qui est organisé ou dans ce qui se vit dans les échanges?

Mots-clés en lien avec l’article | communication au travail | Pouvoir d’agir | relations au travail | risques psychosociaux | santé mentale au travail

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