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Image métaphorique de la communication non violente : girafe et chacal côte à côte représentant deux façons de communiquer.

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OSBD et CNV: 4 étapes pour mieux dialoguer

1 octobre 2025 par Une voix parmi d'autres

La communication non violente (CNV), également appelée communication bienveillante ou communication consciente, est à la fois un processus de communication et une éthique du souci de soi et des autres. Elle rappelle que chaque être mérite respect et protection (Rosemberg et al., 2016).

La communication bienveillante consciente : une manière de vivre

La CNV n’est pas une technique de langage. Si vous l’utilisez seulement comme un ensemble de phrases à répéter, elle devient vite mécanique. Il s’agit avant tout d’une manière d’être en relation.

Trois éléments la soutiennent :

  • Une intention : est-ce que je cherche à convaincre, à avoir raison...ou à rester en lien, même en cas de désaccord ?
  • Une prise de conscience : suis-je à l’écoute de ce qui se passe en moi avant de réagir, ou est-ce que je réponds sur le pilote automatique ?
  • Une qualité de présence : suis-je vraiment là, attentif·ve à moi et à l’autre, dans cet instant précis ?

Ces attitudes ne passent pas seulement par les mots. Elles se manifestent aussi dans le silence, le ton de la voix, un regard, une posture.

Pour incarner cette manière d’être, trois choix intérieurs sont essentiels:

  • Assumer ma responsabilité : reconnaître mes propres sentiments, besoins et chercher des stratégies pour y répondre.
  • Prendre soin : me respecter moi-même tout en restant attentif aux autres.
  • Accueillir avec compassion : voir que les besoins de chacun·e sont aussi précieux que les miens.

Ainsi, la CNV n’est pas seulement une façon de parler, c’est une façon d’être en lien.

Les besoins nous relient, les stratégies nous séparent

Marshall Rosenberg rappelait souvent que les conflits ne naissent pas de nos besoins. Ils viennent plutôt des stratégies que nous choisissons pour y répondre.

Voici quelques exemples de besoins universels que nous partageons tou·tes (Max-Neef, et al., 1989; Rosemberg et al., 2016):

  • Sécurité et repos : avoir un toit, du sommeil, des moments de calme pour se ressourcer.
  • Respect du rythme et équilibre : pouvoir souffler, dire non à la surcharge.
  • Confiance, acceptation et bienveillance : être accueilli·e sans jugement.
  • Appartenance et inclusion : se sentir reconnu·e dans un groupe, une famille, une communauté.
  • Expression de soi et autonomie : pouvoir donner son avis, faire des choix.
  • Sens et célébration : partager des rituels, se réjouir ensemble des petites victoires.

Alors que les stratégies varient. Elle dépendent de nos habitudes, de notre culture, de nos envies du moment.

Exemple : après une semaine chargée, deux personnes veulent à la fois se reposer et se retrouver. L’une propose d’aller au restaurant, l’autre préfère rester à la maison. Les besoins (repos, lien) sont communs, alors que les stratégies diffèrent.

De plus, reconnaître cette distinction évite les malentendus et ouvre la voie à une co-création. L’OSBD aide justement à mettre en lumière ce qui est fondamental (les besoins), tout en restant souple sur les manières choisies pour y répondre.

OSBD : 4 étapes pour dialoguer autrement

Marshall Rosenberg a proposé quatre étapes dynamiques, véritables colonne vertébrale de la CNV. Elles offrent un cadre pour rester en lien avec ses besoins et ceux des autres :

  1. Observer sans juger ni évaluer.
  2. Reconnaître ses sentiments et ceux de l’autre.
  3. Identifier les besoins derrière ces sentiments.
  4. Formuler une demande claire, négociable et respectueuse.

Ces étapes aident à clarifier ce que l’on vit de l’intérieur et à choisir le bon moment pour aller vers l’autre.

Astuce visuelle : découvrez le schéma OSBD qui illustre ces étapes avec la métaphore de la girafe et du chacal, deux modes de communication présents en chacun·e de nous.

Image métaphorique de la communication non violente : girafe et chacal représentant deux modes de communication, en introduction au schéma OSBD.
Girafe ou chacal ? L’OSBD nous aide à traduire nos jugements en besoins pour ouvrir le dialogue.

Trois intentions pour pratiquer l’OSBD

Selon le contexte, les étapes de l’OSBD peuvent se vivre selon trois intentions possibles (Achard, 2020)

  • Auto-empathie : accueillir mes jugements, exigences ou reproches intérieurs.
  • Expression authentique : partager ce que je vis sans accusation ni critique.
  • Écoute empathique : entendre ce que vit l’autre, même si ses mots sont maladroits, et vérifier ma compréhension.

Conseil pratique : commencez par l’auto-empathie avant de vous exprimer ou d’écouter. C’est un préalable pour être disponible.

Transformer une exigence en demande constructive

La demande est souvent l’étape la plus délicate de l’OSBD. Elle suppose de s’affirmer tout en acceptant de déplaire ou de décevoir l’autre et d’accueillir un éventuel « non ».

  • Un « non » n’est pas un rejet, même s’il peut être perçu comme tel. C’est plutôt le signe d’un autre besoin à prendre en compte.
  • Avec l’auto-empathie, il devient possible d’entendre ce non et de chercher ensemble des stratégies alternatives.

À l’inverse, une exigence se reconnaît à son inflexibilité : pression, menace, manipulation. Elle ferme le dialogue au lieu de l’ouvrir.

Ainsi, transformer une exigence en demande, c’est préserver le lien et permettre une co-construction respectueuse des besoins de chacun·e. Pour voir cette démarche dans une situation concrète, le billet sur dire non sans s’oublier montre comment l’OSBD peut soutenir une demande claire, tout en prenant soin du lien.

Des mots de girafe... avec une énergie de chacal

On peut utiliser des mots de girafe tout en gardant une énergie de chacal. Voici un exemple concret :

  • Girafe avec énergie de chacal :
    « Quand tu regardes ton cellulaire pendant que je parle, je me sens triste parce que j’ai besoin d’attention...J’aimerais que tu sois moins égoïste. »
  • Girafe authentique :
    « Quand je te parle de ma journée et que tu regardes ton cellulaire, je me sens triste et seule parce que j’ai besoin d’attention et de partage. Est-ce que tu serais d’accord de mettre ton cellulaire de côté quelques minutes ? »

La communication bienveillante est une démarche sincère de connexion intérieure.

Pratiquer la communication bienveillante au quotidien

Et si la première personne à qui parler avec bienveillance, c’était vous-même ?

En pratique la communication bienveillante se vit d’abord avec soi-même. Il s’agit de reconnaître ses jugements, accueillir ses émotions, nommer ses besoins. C’est en s’offrant cette auto-empathie que l’on cultive clarté et disponibilité pour aller vers les autres.

Sans cette étape, on risque de dire des mots de girafe...avec une énergie de chacal. C’est-à-dire des phrases polies en surface, avec un ton, un regard ou des gestes qui traduisent jugement, reproche ou rigidité.

La communication bienveillante consciente prend toute sa force quand formulation, intention et qualité de présence s’unissent pour nourrir le lien (Achard, 2020; Ansembourg et Corneau, 2020; Rosemberg et al., 2016). C’est là que chaque échange devient une occasion de construire un pont plutôt qu’un mur.

Vous souhaitez aller plus loin ? Alors, partagez votre expérience dans l’Espace partage. Inspirez-vous des outils proposés (schéma des émotions, tableau des besoins, démarche OSBD guidée pas à pas). Chaque témoignage compte et peut inspirer d’autres personnes à cultiver le dialogue authentique.

Références

Achard, N. (2020). La communication non violente: à l’usage de ceux qui veulent changer le monde. Marabout.

Ansembourg, Thomas. D. et Corneau, G. (2020). Cessez d’être gentil, soyez vrai  être avec les autres en restant soi-même (20e éd.). Les Éd. de l’Homme diff. Havas.

Center for Nonviolent Communication [CNVC]. (2024, 26 mars). Unlocking self-understanding: The journey of compassion with Nonviolent Communication [Vidéo]. YouTube. https://youtu.be/OUKKaX8reys

Max-Neef, M., Hevia, A. et Hopenhayn, M. (1989). Human scale development: An option for the future. Development Dialogue1, 7‑80. https://www.researchgate.net/publication/285755287_Human_scale_development_An_option_for_the_future

Rosenberg, M. B., Chopra, D., Gandi, A. et Rojzman, C. (2016). Les mots sont des fenêtres : ou des murs : introduction à la communication nonviolente [i.e. non violente] (3e éd. mise à jour, F. Baut-Carlier, trad.). Jouvence éditions.

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UN PETIT PAS À LA FOIS...

Quel petit pas vers le langage du cœur pourriez-vous tenter dès aujourd’hui ?

Mots-clés en lien avec l’article | auto-empathie | besoin | communication bienveillante | communication non violente (CNV) | demande | demande) | écoute empathique | observation | OSBD | relations saines | sentiment

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