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Services en santé mentale : à qui s’adresser, et à quel moment?

1 avril 2026 par Une voix parmi d'autres

On pense souvent qu’il faut aller très mal avant de demander de l’aide. Pourtant, la santé mentale touche bien plus que les moments de crise ou de détresse. Elle concerne aussi la façon dont une personne traverse ce qu’elle vit, cherche un certain équilibre, entretient des liens et demande du soutien au besoin. Elle dépend également de l’accès aux ressources disponibles. De plus, une personne peut vivre avec un trouble de santé mentale et connaître des moments de stabilité et de bien-être. Cela peut être plus facile lorsqu’elle peut compter sur des repères, des stratégies aidantes ou un traitement adéquat (OMS, 2025).

Quand les préjugés freinent la demande d’aide

Toutefois, dans l’espace public, les difficultés en santé mentale restent souvent entourées de préjugés, c’est-à-dire d’idées toutes faites et de jugements négatifs à l’égard des personnes qui vivent un mal-être ou songent à consulter. Cette perception peut freiner l’élan de se tourner vers l’extérieur et influencer la manière dont les différentes ressources sont envisagées. Par exemple, on peut croire qu’une démarche n’a de valeur que si elle prend une forme bien précise. Pourtant, un premier espace d’écoute, une ressource communautaire, un groupe ou un suivi psychosocial peuvent déjà faire une différence.

Ces phrases qu’on peut entendre... ou finir par se dire

  • « Il faut être vraiment au bout du rouleau pour consulter. »
  • « D’autres en ont plus besoin que moi. »
  • « Si je demande de l’aide, on va penser que je suis faible. »
  • « Je devrais être capable de m’en sortir seul·e. »
  • « Si ce n’est pas une psychothérapie, ça ne compte pas vraiment. »
  • « Ma situation est trop compliquée. Personne ne peut vraiment comprendre. »
  • « J’ai déjà essayé d’en parler, et ça ne m’a pas aidé·e. »

Se demander ce qui est nécessaire en ce moment

Quand on cherche du soutien, il peut être aidant de se demander : de quoi ai-je besoin en ce moment ?

  • Ai-je besoin de parler ?
  • D’être écouté·e sans jugement ?
  • D’un espace pour réfléchir et faire le point ?
  • D’un appui concret dans ma vie quotidienne, familiale ou professionnelle ?
  • D’accompagnement pour traverser un deuil, un conflit, de l’épuisement ou une période de grande fatigue ?

Ces questions permettent de mieux cerner ce qui serait aidant et la forme d’accompagnement qui semble la plus juste. Une démarche aidante repose sur la qualité du lien, le sentiment d’être écouté·e avec empathie et la possibilité de s’exprimer dans un espace respectueux.

Il est aussi important de savoir qu’il n’est pas nécessaire d’arriver avec une demande parfaitement claire ni avec des solutions déjà trouvées. En effet, le rôle du ou de la professionnel·le est d’offrir un espace de réflexion, d’aider à mettre en mots ce qui est vécu, à mieux comprendre la situation et à cheminer à partir de ce qui est possible, dans le respect de la personne.

Un premier pas peut déjà faire une différence.


Une période difficile ne demande pas toujours le même type d’aide

Selon la réalité de chacun·e, les besoins ne sont pas toujours les mêmes. Parfois, un accompagnement psychosocial peut bien répondre au besoin. Il s’agit d’un espace pour parler de ce que l’on vit, être écouté·e sans jugement, faire le point, mieux comprendre sa situation et trouver des repères concrets pour la suite. Ce type de soutien peut être utile lorsqu’une personne traverse un deuil, un conflit, de l’épuisement, de l’isolement ou une période de stress, sans qu’une psychothérapie soit nécessaire d’emblée ni dans toutes les situations. Dans d’autres cas, une évaluation, une psychothérapie ou un suivi médical peuvent être plus indiqués. Selon le contexte, ces avenues peuvent aussi se compléter.

Vers quel type de professionnel s’orienter?

Certaines personnes commencent par une porte d’entrée accessible, comme une ressource de proximité ou une consultation en pratique privée, selon ce qui leur semble le plus pertinent. Elles peuvent alors se tourner vers une travailleuse sociale, une psychoéducatrice, un psychologue, un·e thérapeute conjugal·e et familial·e ou un autre professionnel de la relation d’aide. Le choix peut aussi dépendre de l’angle recherché. Le travail social s’intéresse souvent aux liens entre la personne, ses relations, ses conditions de vie et son environnement, tandis que la psychologie porte plus spécifiquement attention au fonctionnement psychologique et mental.

Par exemple, une travailleuse sociale peut être particulièrement aidante lorsque les difficultés sont liées à la famille, au travail, à l’isolement, aux responsabilités, aux conditions de vie ou aux liens avec les autres. Une psychoéducatrice est utile lorsqu’il est question d’adaptation, de fonctionnement au quotidien ou de stratégies concrètes. Un psychologue peut être indiqué lorsqu’une personne souhaite une évaluation psychologique ou lorsqu’un suivi de ce type semble approprié. Un·e thérapeute conjugal·e et familial·e peut convenir lorsque les enjeux concernent la communication dans le couple, la famille et la coparentalité.

À savoir sur la psychothérapie

La psychothérapie peut soutenir certaines personnes à certains moments, sans être la seule réponse possible en santé mentale. Selon ce qu’une personne traverse, les autosoins, l’éducation psychologique, un accompagnement psychosocial, un groupe, une ressource communautaire, une intervention individuelle ou un suivi médical peuvent aussi convenir. Seules les personnes autorisées par la loi peuvent la pratiquer, puisqu’elle demande une formation précise. Parmi elles, on retrouve notamment des travailleuses sociales et travailleurs sociaux, des thérapeutes conjugaux et familiaux, des psychologues et des médecins qui détiennent le permis requis (OPQ, 2021).

Quelques ressources à connaître

  • Info-Social 811 : pour parler à un·e intervenant·e psychosocial·e et clarifier ce que l’on vit;
  • CLSC : pour l’accueil psychosocial, l’orientation et certains services de proximité;
  • Organismes communautaires : pour de l’écoute, de l’accompagnement et des groupes de soutien.
  • Consultation en pratique privée : pour consulter un·e professionnel·le en relation d’aide, selon le type d’aide recherché et, au besoin, selon la couverture d’assurance disponible.

Les services en santé mentale sont organisés selon différents niveaux et types de soutien, en fonction des besoins (Gouvernement du Québec, 2024).

Quand le contexte compte aussi

La santé mentale ne dépend pas seulement de ce qui se vit en soi (INSPQ, 2024). L’isolement, la pression au travail, la précarité, la charge mentale ou le manque d’appui peuvent alourdir le quotidien. À l’inverse, des relations de qualité, des repères, des conditions de vie plus stables et un accès à des ressources au moment opportun peuvent favoriser l’équilibre.

Revenir à l’essentiel

Consulter n’est pas réservé aux périodes de crise ou de grande détresse. Il est possible de demander de l’aide plus tôt pour mieux comprendre ce qui se passe et prévenir certaines difficultés. L’important est de trouver une ressource qui convient à sa réalité.

Références

Gouvernement du Québec. (2024, 9 décembre). Ressources d’aide et de soutien en santé mentale. Québec.ca. https://www.quebec.ca/sante/sante-mentale/trouver-aide-et-soutien-en-sante-mentale/trouver-ressource-aide-et-soutien-en-sante-mentale/ressources-aide-et-soutien-sante-mentale-par-besoin?

Institut national de santé publique du Québec. (2024, 26 juin). Facteurs qui influencent la santé mentale. https://www.inspq.qc.ca/sante-mentale/facteurs

Office des professions du Québec. (2021). Guide explicatif : Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines. Gouvernement du Québec. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/org/office-professions-quebec/OPQ-Admin/Publications/2020-21_020_Guide-explicatif-sante-rh-26-08-2021.pdf

Organisation mondiale de la Santé. (2025, 8 octobre). Santé mentale. OMS. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/mental-health-strengthening-our-response?

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UN PETIT PAS À LA FOIS...

Quelle forme de soutien vous semblerait la plus accessible ou la plus aidante en ce moment ?

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