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Bonhomme en pain d’épices dans un paysage enneigé, faces à deux traces courbes dans la neige.

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Comment dire non pendant les fêtes et préserver le lien sans s’oublier?

3 décembre 2025 par Une voix parmi d'autres

Cette période peut d’abord faire émerger une grande variété d’émotions : joie, fatigue, nostalgie, stress, tristesse ou la crainte de décevoir. Par ailleurs, certaines personnes ressentent aussi une forme d’appréhension lorsqu’elles imaginent ne pas pouvoir répondre au moment proposé comme elles le souhaiteraient.

En effet, ces ressentis mettent également en lumière des besoins humains universels : repos, clarté, partage, célébration, rassemblement, calme, ressourcement, espace ou paix intérieure (Max-Neef et al., 1989; Rosemberg, 2016). Toutefois, même si ces besoins sont communs, les manières d’y répondre, les stratégies, peuvent varier beaucoup d’une personne à l’autre.

Pour certain·es, le besoin d’être entouré·e peut prendre plus de place. À l’inverse, pour d’autres, c’est celui de calme ou de repos. Il y a aussi celles pour qui ces choix ne sont pas accessibles en raison de leur santé, de leur situation familiale ou de leurs contraintes du moment.

C’est pourquoi, dans ce contexte, reconnaître cette diversité est essentiel. Cela nous aide à vivre cette période avec plus de douceur, sans comparaison ni jugement, autant envers soi qu’envers les autres.

Dire « non » sans blesser ni se perdre

À partir de là, beaucoup se demandent comment poser une limite sans créer de malaise. Comment préserver la relation tout en respectant leurs besoins ? D’autres s’interrogent plutôt sur la manière de recevoir un « non » sans se sentir rejeté·e, coupable ou remis·e en question.

Cela dit, trouver cet équilibre n’est pas toujours simple. Effectivement, se respecter sans s’isoler, rester en lien sans s’épuiser ou dire « oui » avec authenticité peut parfois impliquer d’oser dire « non » pour rester en cohérence avec soi. Dans cette perspective, c’est un geste de soin envers soi et envers l’autre. Et pourtant, malgré cette intention bienveillante, il peut rester délicat de nommer ce que l’on ressent ou ce dont on a besoin.

Ce qui peut accompagner un « non » pendant les fêtes

Pendant la période des fêtes, un « non » peut aussi susciter de nombreuses pensées. Par exemple, certaines personnes peuvent se demander:

  • « Est-ce que je compte encore pour lui·elle ? »
  • « Sommes-nous en train de nous éloigner ? »
  • « Est-ce que j’ai fait quelque chose qui a blessé ? »
  • « Est-ce qu’on perd une tradition importante ? »
  • « Pourquoi est-ce si difficile cette année ? »

D’autres, surtout lorsque les relations familiales sont déjà tendues ou chargées d’attentes, peuvent ressentir de la culpabilité, de la peur de déplaire ou l’impression d’être exclu·e.

Ces pensées peuvent mettre en lumière des besoins précieux, comme celui de vouloir garder le lien, comprendre ce qui se passe chez soi et chez l’autre, et se sentir accueilli·e dans sa réalité. De même, elles peuvent révéler le besoin de sentir que la relation reste vivante, surtout lorsque les traditions, les obligations ou les habitudes liées aux fêtes prennent beaucoup de place.

En ce sens, comprendre l’OSBD devient un repère concret. Cet outil commence par nous aider à distinguer ce que nous observons de nos interprétations, puis à clarifier nos sentiments et nos besoins avant d’aller vers l’autre.

Groupe de personnages en pain d’épices décorés de petits cœurs rouges, représentant les liens affectifs et la chaleur des relations pendant les fêtes, même lorsqu’on doit poser ses limites.
Parfois, dire « non » est une manière de prendre soin du lien.


OSBD en action : dire non à une invitation pendant les fêtes

Ce tableau montre comment dire « non » à une invitation des fêtes, en utilisant les étapes de la communication bienveillante consciente. D’abord avec soi (auto-empathie) en faisant un petit check-in intérieur, puis avec l’autre (expression authentique et écoute empathique).

OBSERVATION → SENTIMENT → BESOIN → DEMANDE

OSBD

Exemple 1

Exemple 2

Exemple 3

Observation (O)

Quand je repense à ma semaine et je vois que j’ai très peu dormi.

Quand je regarde toutes les invitations reçues en même temps.

Quand je pense au grand rassemblement prévu.

Sentiment (S)

Je me sens épuisé·e, un peu vulnérable.

Je me sens dépassé·e.

Je me sens anxieux·se.

Besoin (B)

J’ai besoin de repos, de calme et de me ressourcer.

J’ai besoin de temps pour réfléchir et m’organiser sans pression.

J’ai besoin de sécurité, de calme et de prévisibilité.

Demande (D)

Est-ce qu’on pourrait se voir une autre journée ?

Est-ce que je peux te répondre demain ?

Est-ce qu’on pourrait se voir en plus petit groupe ?

Réaction possible de l’autre

« Tu pourrais faire un effort... »

« On ne doit pas être si important·es pour toi...»

« Je savais que tu serais encore comme ça ! »

Écoute et réponse empathique

« C’est important pour toi qu’on se rassemble parce que ça nourrit ton besoin de lien ou de continuité, c’est bien ça ? »

« Tu aimerais que je sois présente parce que notre lien est précieux pour toi, c’est ça ? »

« Tu aimerais que tout le monde soit là parce que ce moment a une grande valeur pour toi, c’est bien ça ? »

Formulation OSBD complète

« Merci de me partager ce qui compte pour toi. De mon côté, quand je repense à ma semaine, je me sens épuisé·e parce que j’ai besoin de repos. Est-ce qu’on pourrait se voir une autre journée ? »

« De mon côté, quand je vois toutes les invitations arriver en même temps, je me sens dépassé·e parce que j’ai besoin de temps pour m’organiser. Est-ce que je peux te répondre demain ? »

« Quand je pense au grand rassemblement, je me sens anxieux·se parce que j’ai besoin de calme et de sécurité. Est-ce qu’on pourrait se voir en plus petit groupe ou juste toi et moi ? »

Stratégies alternatives possibles (selon les situations)

  • Proposer un moment plus court (ex. venir seulement pour le dessert ou le café);
  • Voir la personne individuellement après les fêtes;
  • Suggérer un appel vidéo ou téléphonique;
  • Proposer une activité à deux plutôt qu’un grand rassemblement;
  • Demander un délai avant de répondre (« Je te reviens demain »);
  • Proposer une autre date où votre énergie sera meilleure;
  • Participer autrement (apporter un dessert, aider avant/après, etc.).

Dire « non » avec authenticité : protéger le lien sans se perdre

Dire « non » peut être une forme d’honnêteté bienveillante. C’est aussi nommer ses limites et d’honorer ce qui est vrai pour soi, tout en reconnaissant ce qui compte pour l’autre (Ansembourg et Corneau, 2020).

D’ailleurs, lorsque ce qui est important pour nous n’a pas d’espace pour s’exprimer, beaucoup décrivent :

  • une tension intérieure;
  • de la fatigue émotionnelle;
  • ou l’impression de se perdre pour maintenir une harmonie apparente.

Pour Marshall Rosenberg, père de la communication bienveillante consciente, chaque « non » est un « oui » :

  • un oui à son intégrité;
  • un oui au respect de son rythme;
  • un oui à ce qui est important dans l’instant.

Ce « oui » peut être exprimé avec douceur, clarté et respect du lien, même lorsque les perspectives diffèrent.

Vers des fêtes plus vraies et apaisantes

Ainsi, dire non pendant les fêtes n’a pas nécessairement pour intention de créer de la distance. Ce geste peut aussi être une façon de se respecter ou de préserver son énergie. De plus, il peut devenir une invitation à vivre des relations plus vraies, plus conscientes, apaisantes pour chacun·e. Et pourtant, selon les histoires et les sensibilités de chacun·e, il peut parfois être perçu comme un éloignement.

L’OSBD peut donc nous soutenir dans cette période:

  • se respecter sans culpabilité;
  • préserver le lien sans s’épuiser;
  • écouter l’autre sans s’oublier;
  • accueillir un « non » comme une invitation à mieux comprendre l’autre, sans y voir une remise en question du lien.une tension intérieure;

Enfin, les fêtes ne sont pas faites pour « performer » le bonheur. C’est un moment pour se relier, se reposer et se choisir. C’est aussi un espace pour nommer avec authenticité et douceur ce qui est important pour nous ici et maintenant.

Si vous le souhaitez, vous pouvez partager votre expérience dans les commentaires à la fin de ce billet de blogue. Chaque vécu apporte un éclairage précieux pour d’autres personnes. Pour continuer à explorer des outils concrets en communication bienveillante consciente, vous pouvez aussi vous inscrire à l’infolettre.

Références

Ansembourg, Thomas. D. et Corneau, G. (2020). Cessez d’être gentil, soyez vrai! être avec les autres en restant soi-même (20e éd.). Les Éd. de l’Homme diff. Havas.

Max-Neef, M., Hevia, A. et Hopenhayn, M. (1989). Human scale development: An option for the future. Development Dialogue1, 7‑80. https://www.researchgate.net/publication/285755287_Human_scale_development_An_option_for_the_future

Rosenberg, M. B., Chopra, D., Gandi, A. et Rojzman, C. (2016). Les mots sont des fenêtres : ou des murs : introduction à la communication nonviolente [i.e. non violente] (3e éd. mise à jour, F. Baut-Carlier, trad.). Jouvence éditions.

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UN PETIT PAS À LA FOIS...

Et vous, quel serait votre petit pas pour préserver le lien... sans vous oublier ?

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